Guide crèches · éducation plurilingue
L'éducation plurilingue en crèche : ce que le programme demande, et ce qu'il change.
Depuis octobre 2017, toute crèche ou mini-crèche prestataire du chèque-service accueil qui reçoit des enfants de 1 à 4 ans applique le programme d'éducation plurilingue. Le principe tient en une phrase : faire vivre le luxembourgeois et le français au quotidien, sans laisser de côté les langues des familles. Voici le cadre en clair, pour une direction ou une équipe qui veut s'y retrouver, avant de voir comment Kawi accompagne les crèches.
Ce que dit le programme
Le programme a été introduit par la loi du 29 août 2017, qui modifie la loi sur la jeunesse. Il expose les jeunes enfants aux deux langues qu'ils retrouveront à l'école, le luxembourgeois et le français, par le jeu et la vie quotidienne, et il demande de valoriser les langues parlées à la maison. L'objectif n'est pas qu'un enfant de 2 ans parle trois langues : c'est qu'il arrive à l'école en étant à l'aise avec elles. La présentation officielle est sur la page du ministère consacrée à l'éducation plurilingue.
Les trois champs d'action
Le programme repose sur trois piliers, que chaque structure doit traduire dans son organisation :
- Le développement des compétences langagières des enfants, dans les deux langues du programme et dans leur langue familiale.
- Le partenariat avec les parents, qui restent les premiers éducateurs de l'enfant.
- La mise en réseau avec les services scolaires, sociaux et médicaux, dont l'école fondamentale qui accueillera l'enfant.
Ce que la structure doit mettre en place
Selon le bilan 2017-2020 publié par le ministère et le Service national de la jeunesse, une crèche concernée doit :
- inscrire les trois champs d'action dans son concept d'action général (voir le cadre de référence de l'éducation non formelle, expliqué) et en garder la trace dans son journal de bord ;
- désigner un référent pédagogique du programme, formé pendant 30 heures ;
- faire suivre au personnel encadrant 8 heures de formation continue sur le développement langagier de l'enfant ;
- compter au moins une personne de niveau C1 en luxembourgeois et une de niveau C1 en français, chaque langue étant proposée au moins 40 heures par semaine ;
- disposer d'un encadrement augmenté de 10 % pour les enfants qui bénéficient du programme.
Ces conditions sont celles décrites dans ce bilan. Pour votre structure, la référence reste les textes en vigueur et votre agent régional.
Le programme s'ajoute aux conditions de l'agrément, qui imposent déjà les trois langues du pays dans l'équipe. Si votre structure est encore un projet, voyez les conditions pour ouvrir une crèche ou une mini-crèche.
Les 20 heures gratuites
Pour que tous les enfants y aient accès, l'État finance 20 heures d'accueil gratuites par semaine, pendant 46 semaines par an, pour les enfants de 1 à 4 ans non scolarisés accueillis dans une structure prestataire du chèque-service accueil. Un enfant qui fréquente déjà l'éducation précoce à temps partiel en garde 10. C'est souvent l'argument qui fait venir les familles : il vaut la peine de l'expliquer clairement dès l'inscription.
Les parents, partenaires du programme
Beaucoup de familles ne parlent ni luxembourgeois ni français à la maison, et c'est précisément le public que le programme veut servir. Rassurer les parents sur leur langue (elle n'est pas un obstacle, c'est une ressource), leur dire quels mots l'enfant entend à la crèche, et leur proposer de les reprendre à la maison : c'est le pilier le plus simple à rendre visible, et celui qui crée le plus de confiance.
Le référent pédagogique, pivot du programme
C'est lui qui fait tenir le tout dans la durée : il coordonne l'équipe, porte le partenariat avec les familles et le lien avec l'école. Son rôle, sa formation et ses missions sont détaillés dans notre page sur le référent pédagogique de l'éducation plurilingue.
Où un outil comme Kawi trouve sa place
Kawi ne remplace ni l'éducatrice ni le programme. Il apporte trois choses que les équipes nous décrivent comme difficiles à tenir seules : des mots luxembourgeois avec une prononciation officielle, la même pour tous ; un pont vers les familles, qui retrouvent à la maison les mots entendus à la crèche ; et des moments courts, en groupe, cadrés par l'adulte, avec une version cartes pour jouer sans écran. Il vise surtout les plus grands, de 3 à 4 ans, qui se préparent à la précoce.
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